Accueil > Publication > Presse > LE FIGARO – Jérôme Golmard : « Je ne vais pas lâcher »
TENNIS : Roland Garros 2014 - Internationaux de France - 31/05/2014

LE SCAN SPORT – Souffrant de la maladie de Charcot depuis le mois de janvier, Jérôme Golmard (29e joueur mondial en 1999, vainqueur de 2 tournois sur le circuit) a, samedi, reçu le soutien très ému de la grande famille du tennis français.

A Roland-Garros

Autour de Gilbert Ysern, le directeur général de la FFT et de Roland-Garros, les joueurs actuels (Nicolas Mahut, Virginie Razzano…) ou anciens (Henri Leconte, Nicolas Escudé, Thierry Ascione, Jean-Philippe Fleurian, Sébastien Grosjean, Cédric Pioline…) s’étaient rassemblés pour accompagner le «Djé» qui se déplace en fauteuil roulant. Jérôme Golmard a lors d’une conférence de presse annoncé suivre un nouveau traitement depuis 3 semaines et demie qui a créé une «stabilisation», selon Florence Schaal qui était à ses côtés. Une association a été créée (associationJérômegGolmard.org, Sandrine Testud en est la vice-présidente), un site internet a été ouvert (contact@associationjeromegolmard.org) pour recueillir les messages de soutien et les dons, accompagner le combat de Jérôme Golmard et venir en aide à d’autres malades.

La maladie est méconnue…
Cela ne touche pas particulièrement les sportifs, il y a tellement d’inconnus qui en souffrent, ils ne savent pas pourquoi il y a cette maladie, il n’y a que des interrogations. Il y a un traitement sur la dégénérescence musculaire, à partir de là, c’est l’inconnue totale. On ne sait pas comment cela dégénère, cela peut aller vite, s’arrêter, repartir. Dans 20 % des cas cela peut se stabiliser. On ne sait rien, personne ne peut savoir ce qui va se passer. Il y a des fourchettes, on entend des choses, je n’ai pas envie de les entendre, je veux juste me battre, que tous les jours soient une victoire pour moi, que ceux qui sont autour de moi aient la même force que moi, la banane, le sourire. C’est comme cela que je veux combattre. Pour moi, la suite c’est cela, jour par jour, avoir la force, partager encore des bons moments car il y a encore des bons moments et que l’on ne sait pas ce qui va arriver demain.

A quoi ressemble votre quotidien ?
C’est beaucoup de guitare, beaucoup de calme, beaucoup de force intérieure. Et puis, beaucoup de recherches sur l’avenir, car je ne reste pas à subir ce qui doit m’arriver. J’essaie de trouver des solutions partout. Jean-Philippe (Fleurian) fait partie des gens qui se battent au quotidien pour essayer de trier des informations intéressantes, essayer d’avancer et de gagner du temps et du bien-être. Cela fait 3 semaines que j’ai stabilisé mon état et pour moi, c’est déjà phénoménal. Cela a été tellement vite la descente que je me suis dis «je vais y passer à ce rythme-là, c’est infernal !» J’ai maigri, je n’ai fait que dormir, ce n’est pas possible, c’est impossible. Et là, grâce à quelques traitements et à une hygiène de vie, à cette force, j’arrive à reprendre un peu de force et de courage. Cela fait 3 semaines que je suis plutôt en forme.

Pouvez-vous en dire plus sur ce traitement que vous avez attaqué en mai ?
C’est un traitement expérimental, c’est suivi par un docteur, le docteur James en Californie à Porterville exactement. Pour le moment, cela me redonne de l’énergie. Sur la maladie, ce que j’ai compris, comme c’est une fonte musculaire, ce qui est bien c’est que j’ai stabilisé mon poids et en ai même repris un peu déjà. Pour moi, c’est déjà énorme, car plus on maigrit et moins on a de forces.

Avez-vous rencontré d’autres malades pour partager ce combat ?

J’en ai croisé à l’hôpital. C’est dur. Je vois ce qui doit m’arriver, j’en ai conscience. Je vais tout faire pour contrer tout cela. Mais je suis prêt à aller beaucoup, beaucoup plus loin. Je vais tenir (…) Je ne vais pas lâcher. Cela me fait énormément plaisir de vous voir et cela me donne encore plus de force. C’est une maladie dont je n’avais jamais entendu parler, qui m’est tombée dessus le 14 janvier de cette année. Depuis juillet de l’an dernier, j’ai commencé à avoir des symptômes de fatigue et après, cela a été la dégringolade jusqu’à janvier. L’annonce de cette maladie, c’est la maladie de Charcot, sclérose latérale amyotrophique. Cela m’a mis dans un fauteuil à ce jour et je vais tout donner, je fais tout pour la combattre et surtout la battre. Je voulais remercier la FFT, Gilbert Ysern, l’ATP, tous les joueurs, la ministre aussi de son soutien. Je voudrais remercier Jean-Philippe Fleurian qui est à côté de moi, Florence également, Yohan qui est avec moi au quotidien depuis des mois, des années ; on vit tout ensemble, on partage tout. On se bat comme des fous, on est là, on ne lâche rien. C’est ce qui donne cette force de combattre, car je ne veux pas accepter, je ne peux pas y croire et on fait tout pour y arriver.

Jean-Julien Ezvan

Source : Le Figaro

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